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Eric Stemmelen – Les casseurs et l’état d’urgence


La France, depuis les attentats de novembre vit sous le régime de l’état d’urgence qui prévoit plusieurs mesures dont l’interdiction des manifestations, les perquisitions administratives et les assignations à résidence. Depuis plus d’un mois des rassemblements ont lieu chaque nuit dans plusieurs villes et notamment à Paris , Place de la République, à l’instigation du mouvement « nuit debout ! »  Or, systématiquement, des groupes de casseurs, toujours les mêmes ,  se heurtent avec les forces de l’ordre, saccagent les biens publics et privés . Cette situation qualifiée d’intolérable par le préfet de police Cadot  et qui a entrainé le ministre de l’Intérieur Cazeneuve à affirmer que « les casseurs seront systématiquement interpellés et poursuivis »  est la démonstration parfaite non seulement de l’impuissance des pouvoirs publics mais plus grave d’un réel manque de volonté de mettre fin à ces désordres.  Que n’a t’on entendu les responsables politiques de tout bord employer les mots inexcusables , inadmissibles, intolérables etc… alors que rien n’est fait en pratique pour mettre fin à ces exactions .

Le bilan de ces dernières semaines est catastrophique : 150 policiers blessés.

Or quoi que l’on en dise, ces casseurs sont en nombre très limité de quelques dizaines à 300 au maximum. Je le répète depuis des années, la tactique française de maintien de l’ordre est à revoir entièrement : on préfère attendre très longtemps la commission de multiples infractions avant d’intervenir pour disperser les émeutiers au lieu d’interpeller ces fauteurs de troubles qui ne sont que des délinquants avant qu’ils ne passent à l’acte.

Or ces interpellations préventives ont eu lieu le dimanche 29 novembre 2015 juste avant la COP 21 puisqu’en une seule journée, à Paris il y a eu 341 interpellations et 317 gardes à vue pour des faits bien moins graves que ceux commis actuellement qui n’ont entraîné que moins de 200 gardes à vue depuis plus d’un mois !.

Cette comparaison montre bien que les autorités n’ont absolument pas la volonté de mettre fin aux désordres : quand on veut on peut !.

Au delà des faibles chiffres cités par le Préfet de police et le ministre de l’Intérieur, il n’y a aucune publicité de la part du ministère de la Justice sur les sanctions pénales : combien de condamnations prononcées et surtout combien sont exécutées ?  : ce sont des flagrants délits qui sont constatés. Rappelons que la loi sur les violences en bande du 2 mars 2010 prévoit 1 an de prison et 15 000 € d’amende y compris pour les intrusions dans les établissements scolaires : cette loi est elle appliquée en pratique ? Qui va payer les dégâts ?

Si le gouvernement veut vraiment faire preuve d’autorité tout en tolérant les rassemblements sur la voie publique :

– qu’il applique donc la loi du 11 octobre 2010  qui prévoit l’interdiction de dissimuler son visage dans l’espace public,

– qu’il assigne donc à résidence les casseurs interpellés sous le régime de l’état d’urgence

En réalité on ne luttera efficacement contre les casseurs que :

  • si on interpelle dès le début tout individu portant une arme par destination ou dissimulant son visage.
  • si on utilise massivement les policiers agissant en civil,
  • si on reconstitue les pelotons de voltigeurs motoportés (PVM) créés en 1969 par Raymond Marcellin et supprimés en 1986 sous un gouvernement de droite par Pasqua et Pandraud,
  • si on rétablit les dispositions de la loi du 8 juin 1970 abrogée par la gauche par la loi du  23 décembre 1981 et jamais rétabli par la droite dite « loi anti-casseur » qui permettait de condamner toute personne participant volontairement à un attroupement dont le but visait à commettre des violences contre des personnes ou des dégradations de biens ou dans lequel se trouvaient des personnes portant des armes apparente.

Ce gouvernement ne fera rien de tout cela : c’est bien la seule chose dont on soit à peu près certain.

Eric Stemmelen

Délégué national à la sécurité

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